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Violences conjugales psychologue à Lille - La Madeleine


I. QU' EST-CE QUE LA VIOLENCE DANS LE COUPLE ?


Elle se définit comme un processus au cours duquel, au sein d’une relation de couple, un partenaire (l’homme dans l’immense majorité) adopte des comportements agressifs, violents et destructeurs, à l’encontre de l’autre (la femme), afin de le contrôler et le dominer.
Contrairement aux scènes de ménages ou conflits conjugaux où il y a réciprocité des comportements agressifs, dans la relation violente, l'un des partenaires prend l’ascendant et l’autre subit.


La violence conjugale s’exerce sous diverses formes qui, dans la majorité des cas, se conjuguent :


La violence psychologique et verbale

La femme est dégradée dans sa valeur, dans son identité féminine et maternelle. Il s’agit de déstabilisations, humiliations, propos vexatoires, injures, scènes de jalousie, menaces, isolement pouvant aller jusqu’à la séquestration.

La violence physique

Il s'agit de gifles, coups de poings, coups de pieds, sévices, strangulations, etc..

La violence sexuelle

La femme peut avoir à subir des relations sexuelles sous contraintes ou menaces, accompagnées d’insultes, de brutalités physiques.

La violence économique

L’homme exerce sur sa compagne un contrôle de nature économique et professionnelle. Il va l’empêcher de travailler, lui « couper les vivres », etc…


La violence dans le couple s'exprime par cycles….


II. LES CYCLES DE VIOLENCE


D’abord une période d’escalade de tension se manifeste chez l’homme par des agressions verbales et psychologiques, de longs silences qui la torturent, etc...
La femme va tout faire pour abaisser cette tension et tenter de maintenir l’équilibre précaire de la situation. Elle surveille ses gestes et paroles afin d’éviter de contrarier son compagnon.
Durant cette phase d’escalade, elle a peur, va nier ce qu’elle ressent afin d’avoir l’impression qu’elle peut encore contrôler la situation.


Vient ensuite la phase d’explosion de la violence qui survient à partir du moindre incident. Le repas n'est pas fait, les cris de l'enfant sont insupportables, etc. Tout est prétexte à l'explosion de la violence physique.
La femme est terrorisée, en état de choc, et ne peut exprimer sa colère de peur de s’exposer à de nouvelles agressions physiques.

Après cette phase, s’installe une période de rémission : le conjoint va vouloir se faire pardonner, craint de perdre sa compagne et va vouloir justifier son comportement violent par des prétextes extérieurs.
Il promet de ne plus recommencer. La femme pense qu’en modifiant son comportement, son conjoint va changer.

Le couple entame alors une période de « lune de miel » : l’homme redevient prévenant, calme. La femme reprend espoir.

La violence s'installe dans la relation et, dans la majorité des cas, avec de plus en plus d'intensité.
La victime se sent de plus en plus déstabilisée, apeurée, épuisée, incapable de réagir rationnellement et de partir.
Mais cette incapacité à réagir face au harcèlement de son conjoint va autoriser implicitement ce dernier à continuer à exercer sa violence. La femme se sent de plus en plus confuse et perd confiance en elle. Ses résistances diminuent.


III. LES CONSEQUENCES DE LA VIOLENCE CONJUGALE SUR LES VICTIMES


Outre les conséquences physiques traumatologiques, gynécologiques, etc.. , les victimes présentent des troubles psychiques et psychosomatiques :
Lombalgies chroniques, troubles digestifs, céphalées, asthénie, tachycardie et palpitations, sentiments d’oppression, troubles du sommeil, troubles des conduites alimentaires, pertes de mémoire, difficultés de concentration et d’attention.

Plus de 50% des victimes seraient dépressives, pouvant aller jusqu'à la tentative de suicide.


IV. ET LES ENFANTS....


Les conséquences sur les enfants sont nombreuses. Ils développent des troubles du sommeil, cauchemars, troubles des conduites alimentaires, retard staturo-pondéral, énurésie, troubles du langage.
Ils peuvent également développer agressivité, difficultés d’attention et de concentration, crises d’angoisse, prostration, déni, etc..
L’enfant peut être utilisé par son père comme un moyen de pression ou de chantage.
Il peut s’identifier à la victime, tentant de la protéger ou au contraire s’identifier à l’agresseur. Il développe un fort sentiment de culpabilité, des idées suicidaires. Il se sent en insécurité permanente.

De plus, il peut avoir une image maternelle très ébranlée, non sécurisante.
Le risque pour ces enfants peut être de développer un haut niveau de tolérance à la violence ou, au contraire d’intérioriser leur expérience avec une tendance à la déprime, au repli sur soi.

 

Sortir de la relation violente : L'accompagnement par le psychologue

girl-218706_1920.jpgLa victime de violences conjugales est souvent paralysée par la peur des représailles de son conjoint sur elle-même ou les enfants.
Elle a également peur de ne pas être crue, d'être jugée, de ne pas être protégée si elle porte plainte ou de ne pas avoir les ressources personnelles ou financières pour s'en sortir.

Il est possible de sortir de la relation violente grâce à un accompagnement psychologique qui respecte, sans les juger, les souhaits de la victime et qui tient compte de sa capacité à dire et à faire.
Il s'agit, par la psychothérapie ou le soutien psychologique, d'amener la femme victime de violences conjugales à se positionner et, à son rythme, à refuser la violence.
Le psychothérapeute l'aidera également à se reconstruire en l'amenant petit à petit à trouver ses limites et possibles. 

Viiolences au sein du couple - Femmes battues : La question de l' emprise

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Développer cette notion d’emprise peut permettre à chacun de nous, public comme professionnels, de mieux comprendre pourquoi les femmes victimes de violences dans le couple manifestent beaucoup d’hésitations à parler de ce qu’elles subissent.

Nous nous posons la question de savoir….
  • Pourquoi telle femme victime de violences depuis des années n’a t-elle pas porté plainte, consulté, demandé de l’aide ou demandé le divorce avant ?
  • pourquoi telle autre ne part-t elle pas à la première gifle reçue ?
  • pourquoi telle femme qui a porté plainte décide t-elle finalement de la retirer quelques jours plus tard et revient-elle avec son conjoint ?

Les cas sont nombreux et les proches peuvent être déroutés face aux comportements des victimes, comportements marqués par l’ambivalence.
Tenter de comprendre l’origine de cette ambivalence peut nous permettre de mieux écouter et comprendre les victimes de violences conjugales afin de trouver avec elles les solutions les mieux adaptées.
Bien sûr, les victimes ne sont ni masochistes, ni inintelligentes, ni naïves.
Chaque histoire est singulière, chaque relation violente est spécifique et chaque victime unique.

Les violences physiques dans le couple n’arrivent pas subitement du jour au lendemain.
Ces violences sont « possibles » dans la mesure où le conjoint exerce au préalable une emprise sur sa compagne, véritable travail de sape psychologique, de l’identité et du narcissisme de cette dernière.

Avant les coups, les insultes, les menaces, il y a eu l’installation progressive dans la relation de violences psychologiques, de pressions répétées et régulières.
C’est-à-dire que le conjoint va déstabiliser petit à petit sa compagne par des remarques qu’il considère anodines mais qui blessent sa compagne, des messages culpabilisateurs, des petites humiliations, des critiques qu’il sous-entend sans vraiment les dire, des messages et injonctions contradictoires, des remarques plus ou moins dites, utilisant l’ironie, les doubles sens, par exemple.
Ces violences se traduisent également par de longs silences, une volonté de ne pas communiquer, voire une indifférence qui laissent la compagne dans l’incompréhension, la frustration et qui engendrent chez elle un sentiment de culpabilité.

D’ailleurs, si la victime de violences conjugales tente de parler après coup à des proches, famille, amis, de ces violences psychologiques, elle ne sait pas les décrire, tant elles sont insidieuses et difficilement compréhensibles pour elle.

Nous pouvons aussi poser l’hypothèse qu’il existe chez la victime une vulnérabilité psychologique qui date de bien avant la rencontre avec son compagnon.
Quand je parle de vulnérabilité psychologique, il s’agit de difficultés à se positionner, à dire « non » et d’une propension à se culpabiliser et à prendre trop en charge l’autre.

Ces difficultés de positionnement, cette propension à la culpabilisation, ces manques d’estime de soi vont empêcher la femme victime de violences au sein du couple de reconnaître les premiers signes du comportement trop intrusif de son compagnon et de les refuser. Ne se positionnant pas, elle va laisser le conjoint la dévaloriser. Elle va l’autoriser implicitement à continuer ses dénigrements, humiliations, etc.

Ainsi, le conjoint va petit à petit exercer sur sa compagne ces violences psychologiques, va lui faire passer de plus en plus de messages culpabilisants et dévalorisants, va l’attaquer verbalement de plus en plus fréquemment et de plus en plus durement. Les menaces, les humiliations, les insultes et les injures se font de plus en plus dures et de plus en plus précises. Le conjoint exerce ainsi un véritable harcèlement psychologique et par-là même insinue de plus en plus le doute et la confusion chez sa compagne sur ses compétences en tant que femme, mère, etc.

Le harcèlement psychologique qu’elle subit de façon régulière, ce brouillard que le conjoint suscite chez elle, induit chez la compagne l’incompréhension, la confusion, la culpabilité, la peur face à l’imprévisibilité de son compagnon, l’épuisement et l’impuissance à réagir.
Elle intériorise petit à petit la violence qu’elle subit.

Ainsi, les références intérieures de la victime vont être de plus en plus flottantes, de moins en moins solides.

La femme victime de violences conjugales va alors douter de ses ressentis, de ses jugements et d’elle-même. Elle perd confiance en elle, ses résistances diminuent.
La victime est ainsi de moins en moins en capacité psychologique de réagir et de refuser les violences qu’elle subit et se retrouve au final piégée dans un système qui l’empêche de penser, qui la bloque et qu’elle alimente malgré elle par ses difficultés puis impossibilités à dire « JE » et à dire « NON » .
Elle s’assujettit aux besoins et injonctions de son conjoint tout en reniant ses propres besoins et désirs.
Face à la non reconnaissance de son statut de sujet, de son altérité spécifique et à la souffrance que cela engendre chez elle, la victime va maintenir son enfermement afin de se protéger de cette souffrance qu’elle va nier et annuler.

Au fur et à mesure qu’augmente la sévérité et la fréquence des violences psychologiques et verbales puis finalement physiques, la femme battue va forcément perdre de plus en plus confiance en elle, avoir une estime personnelle très ébranlée et va être de moins en moins en capacité de se révolter ou de prendre la décision de partir.

Ajoutons que les violences exercées, qu’elles soient verbales ou physiques, le sont de façon totalement arbitraire et imprévisible.
La victime, ne pouvant ni les anticiper, ni les contrôler, va vivre constamment dans la peur et se trouver confrontée quasiment en permanence au sentiment de sa propre impuissance.

Enfin, les phases dites de « lune de miel » vont amener la femme battue à croire que le conjoint violent peut changer, se rendre compte. Elle va même lui proposer son aide (elle peut être tentée de « réparer », voire se positionner en psychologue), ce qui va avoir malheureusement pour effet de réalimenter le processus violent, dans la mesure où l’agresseur va, par-là même, se sentir infantilisé, ce qu’il ne supporte pas.

Toutes ces violences subies, la peur, le doute d’elle-même, la perte d’estime de soi, la culpabilité, l’impuissance et le fantasme inconscient de réparation font que la victime dépense une très large partie de son énergie à se centrer sur son conjoint violent au lieu de se centrer sur elle-même et de trouver les moyens de sortir du cercle vicieux de la violence et de fuir son conjoint.
Au bout du compte, la femme victime se retrouve piégée dans un système qu’elle subit et qu’elle alimente malgré elle.

Nous le voyons, l’emprise se met en place insidieusement puis s’exerce plus explicitement au gré des difficultés puis des impossibilités de refus de la femme victime de violences , difficultés ou impossibilités engendrées par ce même processus d’emprise.

 

Retrouver confiance en soi après une relation violente grâce à la psychothérapie